Welcome...

      23 secondes avant minuit ? C’est moi qui l’ai trouvé, ce nom de groupe. Enfin, à ce qu’il parait : de cette soirée, je ne garde que quelques rares souvenirs…
 
      J’ai été la première voix de 23… Mais figurez-vous que chanteur, ça n’a jamais été ma vocation. J’aime le rock, ça oui, mais peut-être encore plus que la musique, c’est le style qui me branche. En réalité, j’ai créé mon premier t-shirt à l’âge de 12 ans : je venais d’assister à mon premier concert et… Ah, Kappa et Saru me signalent à l’instant qu’elles ne m’ont pas fait leur porte-parole pour que je vous raconte ma vie, mais pour que je vous présente celle du groupe, celle de 23…
 
      Et si vous vous demandez pourquoi je suis porte-parole, moi qui ne suis ni membre de 23… ni conteur de leur histoire, eh bien c’est que vous ne me connaissez pas encore ! Vous n’auriez pas pu rêver mieux comme porte-parole ! … Comment ça mon égocentrisme va faire fuir les lecteurs ? … Mais revenez ! Promis, je vous confierai les secrets de Jólan, la batteuse, dont les petits défauts sont cachés sous son apparence de jeune femme bien sous tous rapports… Juré, je vous montrerai le côté sombre de Charlie, le bassiste à l’allure tranquille… Mais est-ce que je suis obligé de parler de Flynn, le chanteur qui a pris ma place sur scène et dans le cœur des membres de 23… ? De toute façon, vous le connaissez déjà, c’est l’ex-leader de Mad Season, le célèbre groupe de rock britannique. Et pour le guitariste ? Une petite présentation de Londres en seulement quelques mots ? Impossible ! Lisez donc ce qui suit, l’histoire secrète et incroyable de 23 secondes avant minuit…

 

Mardi 9 mai 2006

What are you doing tonight ? 

Julian, une tasse de café à la main, laisse son regard s’évader par la fenêtre, de sa chambre d’hôtel vers le ciel de Paris. Il vient d’arriver. Il est loin le temps où, à peine posé un pied sur le sol français, il fallait courir d’interviews en séances photo ou de salles en salles… Loin ? Pas tant que ça. Quelques mois seulement.

C’était l’année dernière. Dans ce même hôtel, un étage au-dessus. Leur dernière tournée, européenne. Vers midi, Flynn débarque sans frapper, le tire du lit. Il arbore ses éternelles lunettes de soleil qui cachent les cernes qui, en tournée, ne le quittent jamais. De sa voix fatiguée, il lance, en français : Allez viens, les rues de Paris nous attendent !

C’est vrai, il avait l’air fatigué. Julian, comme les autres, lui disait de ne pas en faire trop, proposait d’annuler une date : Flynn entrait dans une colère folle. Ils auraient dû insister, malgré tout.

Julian se repasse le film de leur tournée. Une image précise lui revient. Dans le bus qui les amène à Paris. Flynn regarde le paysage défiler. Il a l’air fatigué, les cernes lui mangent littéralement le visage. Avec le recul, Julian se rend compte que ça n’était pas que de la fatigue : Flynn avait l’air malade.

Il n’a rien vu venir. Flynn a toujours paru tellement fort. Plutôt, il n’a rien voulu voir venir. Lui dire de lever le pied ? Il aurait dû faire plus. 

 

Where are you ?

Il a quitté l’Angleterre, c’est certain. Est-il retourné en France ? Est-il à Paris, tout près ?

Le téléphone de l’hôtel fait sursauter Julian. Il pose la tasse de café, décroche :

‘Miss Saunders is waiting for you at the restaurant.’ 

‘O.K.

Julian enfile sa veste. Il réalise, presque avec étonnement, que Flynn et lui étaient inséparables. Jamais ils ne se sont éloignés longtemps. Non pas qu’ils ne supportaient pas la vie loin de l’autre, mais Mad Season les avait réunis pour le meilleur et pour le pire.

Après une tournée, bien sûr, ils avaient un temps de répit, chacun partait de son côté. Mais ils gardaient le contact, naturellement. Flynn essayait de voir du pays et lui envoyait régulièrement des clichés, pris de son précieux polaroïd. Julian a encore toute une collection – cette lubie a pris Flynn dès le collège – de ces photos, illustrant les périples de son ami. Certaines, particulièrement réussies, figurent même dans la pochette du premier album. Cette dernière année, Flynn n’emportait plus l’appareil. Encore un signe que Julian n’a pas su voir. Qu’il a ignoré.

Julian quitte sa chambre d’hôtel, entre dans l’ascenseur qui l’attend au bout du couloir.

Jamais ils ne se sont quittés en ne sachant pas quand ils se retrouveraient. Ou alors ça date de… non, tant que ça ? Il y a quatorze ans, quand le père de Flynn est mort et qu’il est parti vivre chez sa mère, en France. Ils sont finalement revenus à Londres six mois plus tard. Et depuis ce temps-là… Ouaw, quatorze ans. De vie commune, pratiquement !

L’ascenseur le dépose dans le hall de l’hôtel, à partir duquel il se dirige vers le restaurant où Jill l’attend.

Quatorze ans… Il y a également quatorze pas qu’il faisait à Flynn une solennelle et stupide promesse : lui composer la plus belle chanson du monde.

Jill, à la table du fond, lui adresse un signe de la main. Julian lui répond d’un sourire tranquille. Demain soir, il sera avec elle sur la scène de l’Olympia.

Flynn a raccroché son polaroïd. Il a détruit sa guitare avant de disparaître. Julian voudrait croire que tous leurs rêves d’enfants ne se sont pas envolés. Il l’écrira, la plus belle chanson du monde. C’est juste qu’il ne sait plus où la trouver.


 

 

Commentaire de Kappa : Hello ! Voici l'arrivée de Julian ! J'ai eu du mal à le trouver celui-là ! Mais le dessin que j'ai fait ne me déplait pas trop... Je voulais montrer un Julian un peu fragile et triste ... Je sais pas s'il est vraiment comme ça... En tout cas le fameux Tea Friend vient d'une chanson d'Hard-Fi (Hard To Beat!) et je trouvais que ça se rapportait à l'ambiance d'une rencontre entre Julian et la célèbre Jill Saunders (Juste le 'Tea Friend' pas la chanson...^_^). Ou alors il attend le retour de Flynn ?


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Par Kappa & Saru - Publié dans : L'histoire
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Mardi 2 mai 2006

Sur un fond de Jill Saunders dont la voix caressante emplit la boutique vide, Charlie feuillette le classeur qui Jólan lui a apporté l’autre jour. Les chroniques de Mason, soigneusement classées.

Il n’y connaît pas grand chose en écriture : les publications musicales sont une aide précieuse mais en dehors de ça, il ne lit guère plus que les pages sportives des journaux qui lui tombent entre les mains. Alors s’il ne peut qu’imaginer les raisons pour lesquelles Jólan traite Mason de génie, il reconnaît tout de même l’intérêt de la chose. Traiter l’actualité musicale par la fiction est une bonne trouvaille. Et puis il faut avouer que Mason a des goûts sûrs : les disques qu’il fait découvrir à Tom, son héros adolescent, seraient tout à fait de ceux que Charlie recommanderait à ses clients. Des classiques, bien sûr, mais aussi des artistes moins connus, plus difficiles d’accès.

Charlie arrive à la chronique de la semaine dernière ; il hésite. A-t-il vraiment envie de savoir ce que pense Mason de sa boutique ? Bien sûr, il sait – d’après le rapport de Jólan – que l’article est élogieux. Mais… Mais la chronique est nationale, tandis que sa boutique n’est qu’une parmi d’autres dans une ville de province. D’accord, Lille n’est pas un bled paumé, mais quand même, l’idée est effrayante.

La porte de la boutique qui s’ouvre sur Flynn lui offre un sursis. Et le sourire de Charlie s’élargit quand il aperçoit le sac de voyage, ainsi que la guitare de Jólan : il s’est enfin décidé.

Flynn tend l’oreille, et quand il reconnaît Jill Saunders, il fronce les sourcils.

‘Je suis commerçant avant tout !’ Sourit Charlie. ‘Alors si je peux me faire des bénèf’ sur le dos de la Fnac… Et puis, c’est franchement agréable…’ 

‘Ouais.’ Fait Flynn dont le regard s’enfuit. ‘Mais tu n’es pas commerçant avant tout.’

‘Alors je suis quoi ?’ 

Flynn paraît surpris de la question ; Charlie conçoit qu’elle est déplacée : ça n’est pas le genre d’interrogation qui se pose à voix haute.

‘Ton nouveau colocataire ?’ Esquive-t-il.

Flynn baisse les yeux :

‘Londres… pourquoi il est comme ça ?’ 

La porte de la boutique s’ouvre de nouveau et entre un adolescent, un bonnet enfoncé sur les oreilles.

‘Bonjour.’ Le salue Charlie.

L’autre répond d’un signe de tête et se dirige aussitôt vers les disques.

‘Londres est comment ?’ Reprend Charlie.

‘Imprévisible, notamment.’ 

‘Imprévisible ? Pas tant que ça : il a tendance à faire exactement tout ce qui peut énerver ceux qui l’entourent…’ 

‘On discutait tranquillement, hier, et tout à coup, il s’est braqué…’ 

‘Tu lui as dit quoi ?’ 

‘Je ne sais plus…’ Soupire Flynn, se passant une main dans les cheveux. ‘Je crois que…’ 

‘Eh !’ S’écrie tout à coup Charlie, sortant de derrière son comptoir pour attraper l’adolescent qu’il a vu planquer un CD sous sa veste.

Ce dernier, rapide, a déjà franchi la porte et… percute de plein fouet le nouvel arrivant.

Inébranlable, Londres pose son regard sévère sur l’adolescent, deux têtes plus bas, et, instinctivement, l’attrape par le col. Sa proie se débat, s’étrangle, et Londres ne bouge pas.

Charlie s’approche ; l’adolescent détourne le regard ; Charlie tend la main. L’adolescent ne bouge pas ; Londres fait mine de le soulever par le col ; l’adolescent finit par glisser une main à l’intérieur de sa veste, et rend le disque à Charlie. Ce dernier sourit :

‘Tu peux le lâcher, maintenant, non ?’ 

Londres s’apprête à répliquer mais Charlie reporte son attention sur le disque : Starsailor.

‘Tu aurais au moins pu choisir quelque chose de meilleur…’

Londres l’ayant lâché, l’adolescent s’enfuit à toutes jambes. Charlie soupire. Puis remarque l’échange de regards entre Londres et Flynn, qui l’a suivi hors de la boutique. Jólan lui a raconté comment s’est passée leur entrevue, hier, Flynn l’ayant plutôt mal digérée. Et ça n’est pas le regard indifférent de Londres qui va arranger les choses.

‘Le gamin t’a volé…’ Fait tout à coup le guitariste, passant à côté du chanteur et rentrant dans la boutique.

‘Comment ça ?’ S’étonne Charlie, qui le suit.

Londres, cherchant un disque dans les bacs, s’explique :

‘Il avait pris deux CD, au cas où. Celui de Starsailor n’était qu’un leurre…’ 

‘Comment tu sais ça ?’ 

‘J’ai fait la même chose.’ Répond simplement Londres.

Charlie le dévisage avec surprise. D’ailleurs, qu’est-ce qui le surprend le plus : que Londres soit ici ou qu’il lui fasse ce genre de confidence ?

‘Et tu l’as laissé s’enfuir en sachant ça ?’ Intervient Flynn.

Londres lève les yeux vers ce dernier et esquisse un très léger sourire. Puis il pose son regard sur Charlie :

‘Ton père m’avait laissé m’enfuir…’

Charlie assimile la nouvelle. Avec stupéfaction. Avec une douleur sourde, celle qui apparaît dès que l’image de son père passe ses barrières mentales. Avec joie, celle qui doit envahir chaque interlocuteur de Londres dès que celui-ci se laisse aller à une confidence. Mais de tous ses sentiments, c’est finalement la curiosité qui l’emporte :

‘Quel CD t’avais volé ?’

Le sourire de Londres s’accentue, moins dans l’incurvation de ses lèvres que dans son regard. Mais il esquive :

‘Je peux mettre un CD ?’ 

‘Tu connais le chemin…’ Fait Charlie en souriant.

Il suit du regard Londres qui passe derrière le comptoir. Qu’est-ce qu’il a ? Il dégage quelque chose de complètement différent : il semble détendu. Qu’est-ce qui a pu lui arriver ? Et qu’est-ce que c’était, le CD qu’il avait volé ?

Charlie jette un coup d’œil à Flynn qui, lui aussi, garde les yeux rivés sur Londres. L’inversion est saisissante : Flynn semble bouillonner de rage, mâchoire crispée, sourcils froncés. Qu’est-ce qui lui prend ?

Londres attend que la voix de Jill Saunders s’éteigne pour arrêter le disque ; Charlie sourit.

‘Qu’est-ce que tu mets ?’ 

‘Un disque qui va attirer les clients…’ Répond Londres.

Décidément, il ne peut pas s’y faire. Londres, qui répond tranquillement à ses questions, c’est irréel ! Charlie cherche sur son visage des signes d’explication. Mais plus il le regarde, plus il se sent mal à l’aise. Il y a quelque chose de malsain dans la sérénité qu’il affiche.

Londres sort de derrière le comptoir et vient se poster en face de Flynn.

Quelques notes familières éclatent dans la boutique ; Flynn bondit. Ils viennent de reconnaître Mad Season.

Charlie retient son souffle. Son regard oscille entre le chanteur et le guitariste. Le premier, abasourdi. Le deuxième, tranquille. Mais son regard… étrange. Et Charlie croit comprendre. Il semble que Londres soit en colère.

L’idée est stupide. Le Londres qu’il connaît adopte en général soit un air indifférent soit un air de perpétuelle colère. Là, il a l’air tellement… normal. Pourtant…

La tension est palpable. Flynn a ravalé sa surprise, il serre les poings ; Londres regarde ailleurs, concentré sur la musique. Les guitares se taisent et laissent la place à… cette voix. Douce, moins douce, virtuose puis déchaînée, alors que les guitares reprennent. L’émotion et la fierté se mêlent en Charlie : un chanteur pareil a intégré leur groupe. Et l’étonnement, toujours : pourquoi ?

‘Jolie voix…’ Fait tout à coup Londres, son regard revenu sur Flynn.

Charlie n’a pas le temps de réagir, Londres non plus : le poing de Flynn le frappe en pleine mâchoire. Charlie fait un pas – les séparer. Mais Flynn ne bouge pas, l’air effrayé. Londres est tout aussi immobile, un rictus de souffrance lui barrant le visage. Charlie croit rêver.

Puis Londres se redresse ; Flynn recule d’un pas. Mais Londres esquisse un sourire. Un sourire qui lui arrache une injure de douleur. Un sourire qu’il ne semble pourtant pas capable de réprimer. Il tourne la tête, comme si c’était impudique. Pas ‘comme si’, pense Charlie. Pour Londres, ça doit vraiment l’être.

‘Moi qui pensais que, puisque vous avez tous les deux votre guitare, vous pourriez répéter chez moi en attendant…’  Fait Charlie. Détendre l’atmosphère, c’est généralement son truc. 

Flynn lui lance un regard surpris :

‘Pourquoi répéter ?’ 

‘Jólan ne t’a pas dit ?’ 

‘Ne m’a pas dit quoi ?’ 

‘Que Londres…’ 

Leurs deux regards se tournent vers l’intéressé qui s’est réfugié derrière le comptoir, son rictus de douleur ne le quittant pas.

‘… répète avec nous ce soir. Termine Charlie.

Au regard de Flynn, il devine que Jólan ne lui a même pas dit que Londres était de retour dans le groupe. Mais à quoi pensait-elle ?

Flynn baisse la tête. Oui, la situation est plutôt gênante. Flynn lève les yeux vers Londres. Il regrette, évidemment. D’ailleurs, il a dû le regretter à l’instant même où il l’a fait. Mais il n’est sans doute pas du genre à s’excuser si facilement. La fierté. Pourtant il avance d’un pas vers Londres :

‘Je n…’

Sa propre voix masque la fin de sa phrase : Londres a monté le son ; Mad Season rugit dans la boutique.

Flynn tourne la tête mais Charlie a aperçu son sourire.


 

 

Commentaire de Kappa : J'ai fait ce dessin en pensant à un gamin des banlieues comme ca... Et puis comme d'habitude, ca dérape quelque part... Je me suis souvenue du clip de la version remixée de Four To The Flour de Star Sailor où un gamin tague les murs... HONTE SUR MOI d'avoir des goûts musicaux assez nuls des fois (pas tout le temps, voir l'article Kappa by Saru ^_^). Enfin, je me suis vraiment galéré sur le tag ! C'est vraiment difficile a rendre, bravo aux tagueurs (lol ! quelqu'un voudrait me faire Alphonse sur un mur de 30 m de haut ?). Bon, en tout cas, on reverra peut-être le gosse (pour sa réapparition, votez 1 + une tablette de chocolat à envoyer à la scénariste !).

 


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Par Kappa & Saru - Publié dans : L'histoire
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Mardi 25 avril 2006

Flynn se sent stupide. Malgré l’avis de Charlie et Jólan, il a cru que Londres avait une bonne raison de quitter 23…, un empêchement ou plus que ça. Il a cru qu’il ne pouvait plus alors qu’en fait, il ne veut plus. Stupide. Il a cru connaître Londres mieux que les deux autres.

 

 


 

 

Londres écarte sa guitare. Il se lève, va mettre un disque. Vient se rasseoir, jette un regard inquiet à l’instrument. Il n’arrive pas à sortir un son potable. Il n’arrête pas de penser à ce soir, au rendez-vous chez Charlie et cette idée lui noue les tripes.

 


 

 

 

 

 

 

Il a cru connaître Londres mieux que les deux autres et, surtout, il a cru partager avec lui la répétition de dimanche soir. Alors l’idée que Londres n’ait pas apprécié le moment autant que lui le blesse.

 


 

 

 

 

 

 

Quand Jólan lui a demandé de revenir dans le groupe, il a cru que son cœur lui défonçait la poitrine. Réaction incontrôlée qui lui a fait prendre conscience de ce qu’il voulait vraiment. Et que ce soit elle qui le lui demande, ravalant certainement sa fierté… Mais ça voudrait dire… ils apprécient tant que ça son jeu de guitare ? Y a-t-il une autre raison ? Ils n’ont jamais pensé que sa personnalité ruinait l’ambiance du groupe ? Si c’était le cas… Encore une fois, il a agi comme un parfait abruti. Encore une fois, il gâche tout.

 


 

 

 

 

 

 

Flynn se lève, rassemble ses maigres possessions dans son sac. Qu’a-t-il encore à faire à Lille ? C’est ce qu’il avait dit, non ? Que son avenir dans cette ville dépendait de Londres. 23 est un groupe plein de potentiel. Assez pour se passer de son guitariste ? Rien n’est moins sûr… Jólan l’étriperait pour de telles pensées mais elle doit le savoir autant que lui : Don’t Look At Me That Way est la meilleure chanson de leur répertoire, un morceau imparable à l’écoute duquel il a pris la décision de faire un bout de chemin avec le groupe. Les autres… il était persuadé pouvoir en faire de grandes chansons. Pas sans la guitare de Londres…

 


 

 

 

 

 

 

Avec Flynn, surtout, il s’est comporté comme un vrai con. Il était venu le convaincre de revenir dans le groupe et lui, qu’a-t-il trouvé de mieux à faire ?

Son portable qui sonne interrompt le fil de ses pensées. Le nom de Justine s’affiche sur l’écran ; il décroche aussitôt.

‘Je passe ce soir : tu seras là ?’ Demande-t-elle en lieu et place d’un ordinaire salut.

‘Ça dépend… Quelle heure ?’ 

‘Alors ça va mieux, avec ton groupe ?’ 

Londres ne répond pas : il ne lui a rien dit, comment a-t-elle pu savoir ?

‘Le fait que tu passes deux soirs de suite chez moi m’a un peu mis la puce à l’oreille…’ Explique-t-elle.

‘Mais…’ Commence Londres, embarrassé. Ça n’avait rien à voir, voudrait-il dire.

‘Je devais mettre ça sur le compte de ton envie de me voir ?’ Interroge-t-elle d’une voix dans laquelle il devine le sourire.

‘Tu pourrais.’ S’entend-t-il dire.

Elle ne répond pas. Lui-même se demande ce qu’il a voulu dire.

‘Alors, ce soir, tu les vois à quelle heure ?’ 

‘Je ne sais pas encore…’ Répond-t-il. Il ne sait pas ? Il a pourtant répondu ‘oui’ à Jólan. Et il en a envie. Seulement… se retrouver devant eux, devant Flynn…

‘Raconte-moi.’ Fait Justine.

Londres commence son récit.

 


 

 

 

 

 

 

Flynn s’est bien sûr essayé à la guitare. Mais après avoir goûté au son de Londres, comment se contenter de moins ? Ne pas chercher plus loin. Il ne devait de toute façon pas rester à Lille. Il avait dans l’idée de voyager un peu : voir du pays, comme au temps des tournées, à la différence que cette fois, il pourra en profiter.

Il ferme la porte de sa chambre d’hôtel derrière lui, descend jusqu’à l’accueil où il dépose ses clés et règle ce qu’il a à payer.

 


 

 

 

 

 

 

Londres descend l’escalier de son immeuble, sa guitare sur le dos. Le conseil de Justine : aller voir Flynn, lui proposer de jouer quelques morceaux… la réconciliation par la musique. Tout est si simple pour elle. Mais c’est peut-être la meilleure solution : il a fait une connerie, il faut qu’il la répare. Sans impliquer Charlie et Jólan.

Oui, ça a l’air simple mais Londres est terrifié.

 


 

 

 

 

 

 

Quand Flynn quitte l’hôtel, il se rappelle ces quelques soirs où il a espéré entendre la voix de Londres. Il n’en saura jamais plus. Il n’en entendra jamais plus. Peut-être est-ce aussi bien comme ça : le mystère Londres, jamais élucidé… Il ne connaît même pas son prénom !

Il se dirige vers la Rue de la Clef. Déposer la guitare de Jólan, faire ses adieux à Charlie… Ils lui ont offert deux bonnes semaines : une belle et simple parenthèse dans la vie de Flynn Salt.

 


 

 

 

 

 

 

Londres entre dans le hall de l’hôtel, le cœur battant. Pas grandiose, l’intérieur. Il se dirige vers le réceptionniste, déjà occupé avec un client. Leur conversation lui parvient :

‘Flynn Salt ? Vous l’avez manqué, il vient juste de partir…’

Le soulagement envahit Londres. Il aura essayé. Mais peut-être pourrait-il le rattraper ? Peut-être va-t-il chez Charlie ? Peut-être…

‘Vous avez une idée de quand il reviendra ?’ 

‘Oh, il ne reviendra pas : il m’a réglé son séjour…’ 

‘Merde !’ Laisse échapper l’autre.

Londres est aussi stupéfait. Flynn a quitté l’hôtel ? Peut-être a-t-il trouvé un logement…

Et l’autre insiste :

‘Il était là depuis combien de temps ? Vous saviez ce qu’il faisait à Lille ?’

Le réceptionniste le dévisage avec suspicion :

‘Pourquoi toutes ces questions ? Qu’est-ce qu’il a fait ? Vous êtes de la police ?’

La discussion prend un tour très inattendu ; Londres devrait peut-être partir.

‘Oh non, je suis journaliste !’ Répond le deuxième homme en riant. ‘Je me demandais ce que le grand Flynn Salt faisait dans un hôtel pareil…’

Devant l’insulte faite à son établissement, le réceptionniste fronce les sourcils. Mais sa curiosité l’emporte :

‘Le grand Flynn Salt ?’

‘Mad Season, vous connaissez ? Un groupe de rock anglais de renommée mondiale… Flynn Salt en était le leader : il aurait eu de quoi se payer un palace…’

   


 

 

 

 

Le commentaire de Kappa : Alors, comme d'habitude, un rapport flou entre dessin et texte, mais vous avez deux dessins pour le prix d'un ! Et deux bishonens en plus ! En fait, en mettant les deux, je voulais insister sur le fait que Londres et Flynn sont super différents... Flynn fait très jeune sur ce dessin, ca vient surtout de la pose. Et Londres n'aurait jamais du être torse nu... (désolée Saru, c'est plus fort que moi -_-°) Et les lieux sont aussi aléatoires...(C'est trop grand pour être l'appart de Londres)

Bref, vous avez compris, encore une très grande liberté prise avec le texte...Mais c'est pour mieux vous faire baver chers enfants ! (hum hum, et parce que je suis une grosse paresseuse aussi... ^_^ )

A la semaine prochaine ! 

 


 

 

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Par Kappa & Saru - Publié dans : L'histoire
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Mardi 18 avril 2006

 

Il faut être aveugle et sourd pour ne pas comprendre que tu es fait pour être sur scène, une guitare entre les mains !

Londres, assis devant la sortie de secours, derrière la Fnac, se repasse les paroles de Thomas, ce matin. Ou plutôt, les paroles de Thomas lui reviennent toutes seules. Il a beau les chasser, elles s’imposent de plus belle.

Quand il est arrivé à la Fnac, il n’y avait déjà plus de place dans la petite salle où Jill Saunders va se produire. Alors il s’est installé sur cette marche, en pleine rue : pour l’avoir déjà fait, il sait qu’on entend aussi bien. Sans être étouffé dans la foule. Et en plus… Londres sort son paquet de tabac et entreprend de se rouler une clope.

Il faut être aveugle et sourd pour ne pas comprendre que tu es fait pour être sur scène, une guitare entre les mains !

Londres maudit Thomas. Et il le maudit d’autant plus qu’il ne peut pas le frapper pour avoir dit pareille connerie.

Pourquoi a-t-il dit ça ? Espérait-il que ça le convaincrait de retourner avec 23 ? Pourquoi d’ailleurs ? Pourquoi s’en soucie-t-il, maintenant qu’il n’est plus là ? Et surtout… pense-t-il vraiment ce qu’il a dit ?

Londres porte sa cigarette à ses lèvres.

Il se l’avoue volontiers : il se plait sur scène. Oui, peut-être même plus que ça… Et alors, est-ce que ça suffit au bon fonctionnement d’un groupe ?

Alors qu’il s’apprête à sortir son nouveau briquet, une flamme s’allume devant ses yeux. La flamme d’un autre briquet. Un briquet qui lui appartient. Son briquet dans une main. Dans la main de Flynn.

Londres, sur ses gardes, ne bouge pas. Il dévisage Flynn, qui sourit au-dessus de lui. Qu’est-ce qu’il fout ici ? Mais celui-ci ne perd pas le sourire et rapproche la flamme. Londres finit par allumer sa clope puis détourne le regard.

‘Tu le reprends pas ?’

Londres relève la tête : de quoi parle-t-il ?

‘Tant mieux.’ Fait Flynn avec un sourire provocateur. ‘Ça me fera un souvenir de toi…’

Londres ne contrôle pas son bras et reprend brutalement son briquet.

‘Pourquoi t’as quitté 23 ?’ Demande aussitôt Flynn.

Londres tire une seconde taffe. On dirait que Jólan a lancé tous ses chiens à sa poursuite. Il en rirait presque ; quelque chose l’en empêche. Se pourrait-il que…

‘Je peux m’asseoir ?’

 Peut-être que… peut-être qu’elle le veut vraiment dans le groupe ? Peut-être que…

‘T’es là pour Jill Saunders ?’

Flynn s’est assis à côté de lui, Flynn lui fait la conversation. C’est trop bizarre.

Et toi, pourquoi t’es là ? Voudrait-il lui demander.

‘Oui.’ Répond-t-il.

‘Le guitariste de mon ancien groupe était fan d’elle, aussi… La première fois qu’on l’a vue…’

Ou peut-être que Jólan ne supporte tout simplement pas qu’on lui échappe. Elle serait bien du genre. L’ego de cette fille est démesuré. Elle s’en fout de lui, en tant que guitariste : elle est simplement vexée.

Il se rend tout à coup compte que Flynn est en train de lui parler. Enfin, il lui parlait. Maintenant, il le fixe. Putain, qu’est-ce qu’il veut ?

‘C’est à cause de moi que tu quittes le groupe ?’ Demande finalement Flynn.

Voilà qu’il remet ça. Comme dimanche, devant la salle de répétition.

‘Qu’est-ce qui te fait dire ça ?’

Flynn pointe un doigt vers lui :

‘Ce regard.’

Londres détourne la tête :

‘T’es parano…’

Flynn ne répond rien alors Londres jette un coup d’œil dans sa direction. Flynn sourit. Un large sourire. Qu’est-ce qui lui prend ?

‘Tu pourrais me donner quelques conseils ?’ Demande Flynn. ‘Tu sais, si je dois reprendre tes parties de guitare…’

Voilà. Flynn l’a dit. Londres serre les dents. Il savait que ça lui ferait bizarre. Il n’a jamais pensé que ça lui ferait mal. Pourquoi ça le ferait ? Il n’a jamais été fait pour jouer en groupe. Il n’y a toujours eu que lui et sa guitare.

‘Ce ne sont pas vraiment mes parties de guitare… C’est surtout Jólan qui…’

‘Lesquelles t’as composé ?’ L’interrompt Flynn.

Londres se souvient. Don’t Look At Me That Way… Jólan avait écrit les paroles à partir d’une mélodie qu’il jouait souvent ; elle lui avait demandé d’approfondir ce morceau. Celui qui lui tient le plus à cœur. Qui lui tenait. C’est Flynn qui va le jouer, désormais.

Don’t Look At Me That Way ?’ Répond ce dernier à sa place.

Londres lui lance un regard étonné.

‘Ça sonne différemment…’ S’explique Flynn.

Un sourire menace d’étirer les lèvres de Londres. Mais… différemment ? Dans quel sens ?

‘Je crois que toutes les autres chansons sont à reprendre…’

Londres a un sursaut d’indignation : il se prend pour qui, ce type ? Mais Flynn poursuit :

‘Don’t Look At Me That Way est la plus aboutie au niveau musical… alors que dans les autres, il manque quelque chose… pas grand chose, je pense, mais quelque chose qui ferait d’une chanson intéressante une grande chanson ! J’ai déjà pensé à quelques ajouts dans les parties de guitare, tu pourrais me donner ton avis…’

‘Pourquoi moi ?’ Demande brusquement Londres. Ce qu’il regrette aussitôt.

Pourquoi, dans sa propre voix, a-t-il entendu tant d’amertume ? Flynn fait ce qu’il veut, il est le nouveau guitariste de 23. Mais… Londres ne peut s’empêcher d’éprouver un drôle de sentiment. Comme si… Lui aussi a remarqué qu’il manquait quelque chose dans les compositions de Jólan. Lui aussi avait des propositions. Propositions qu’il jouait tout seul, chez lui, n’osant pas les soumettre aux autres. Et voilà que Flynn…

‘Parce que j’ai remarqué que ta façon de jouer s’éloigne légèrement des partitions de Jólan.’ Répond ce dernier. ‘Faudrait que tu m’apprennes ça : le groupe y perdrait vachement sans cette touche personnelle…’

Mais cette touche personnelle est à moi ! Pense aussitôt Londres. Puis il chasse cette réflexion ridicule. Où est-ce que Flynn a vu cette ‘touche personnelle’ ? Et il repense aux paroles de Thomas. Et il repense à Jólan. Cette petite pensée qui s’insinue lentement en lui : et si elle voulait vraiment le garder au sein du groupe ? Mais… mais…

‘Pourquoi…’

Londres s’interrompt immédiatement. Qu’est-ce qu’il est en train de faire ? Il est sur le point de poser une question à Flynn.

‘Pourquoi quoi ?’

Flynn l’incite à poursuivre. Mais c’est une question ridicule, indiscrète !

‘Pourquoi tu as quitté ton ancien groupe ?’ Finit par demander Londres, très gêné.

Flynn sourit. Londres voit bien qu’il n’aurait pas du poser la question. Qu’est-ce qui lui a pris ? Ce n’est pas son genre…

‘J’ai merdé.’ Répond Flynn. ‘J’ai fait des mauvais choix, j’ai entraîné le groupe dans ma chute.’

Londres le dévisage : il ne s’attendait pas à une réponse, il ne s’attendait pas à une réponse aussi grave. Il ne s’attendait pas à ce que Flynn puisse merder. Il a tellement l’air d’avoir le talent dans la peau…

‘Je ne sais pas si Thomas est remplaçable mais…’

Londres n’a pas envie d’entendre la suite :

‘Personne n’est irremplaçable.’

‘Pourquoi tu es entré dans le groupe ? Il y a quelque chose que tu cherchais que tu n’as pas trouvé ?’

La conversation va trop loin. Londres n’a pas envie de réfléchir à ces choses-là et encore moins de les dire. Surtout à Flynn.

‘Thomas m‘a piégé.’ S’entend-t-il dire.

Mais pourquoi il a dit ça ? N’importe quoi !

Flynn sourit. Evidemment qu’il sourit ; il doit même rire intérieurement ! C’est ridicule !

‘Je ne crois pas.’ Fait Flynn. ‘Je ne crois pas qu’on puisse te forcer à quoique ce soit.’

‘Tu ne…’ Londres s’interrompt. Oui, Flynn ne le connaît pas. Mais a-t-il tort ? A-t-il raison ? Londres ne le sait pas lui-même. Personne ne l’a jamais forcé à quoique ce soit, c’est vrai. Il n’y a que Thomas qui…

‘Oui, c’est vrai, je ne te connais pas.’ Concède Flynn. ‘Mais j’ai raison de penser que si tout le groupe voulait que tu reviennes dans le groupe, on n’arriverait pas à te convaincre ?’

Le rythme cardiaque de Londres s’accélère. Si… si… Il est con ou quoi ? Il a quitté le groupe, l’histoire devrait s’arrêter là.

‘Peu importe.’ Répond-t-il.

Flynn se lève brusquement, le faisant sursauter. Il le dévisage, étonné.

Alors 23… ne représente rien pour toi ?’ S’énerve Flynn.

Sa colère apaise étrangement Londres. Flynn se prend bien trop au sérieux. Ça n’aurait pas collé. Il écrase son mégot par terre et sort de nouveau son tabac.

‘Ne parle pas de ce que tu ne connais pas. Tu vas me dire que 23… représente tout pour toi ?’ Fait-il avec un sourire méprisant.

Flynn serre les poings :

‘Tu ne reviendras pas dans le groupe ?’

‘Ça t’arrange, non ?’

Flynn ne répond pas : il tourne les talons et s’en va. Et le calme de Londres part avec lui.

Alors que la mélodie familière de la guitare de Jill Saunders s’élève derrière lui, derrière la porte, Londres se demande s’il n’a pas fait une erreur.

Jólan court comme elle le peut, perchée sur ses talons. Il faudrait qu’elle aille plus vite mais elle n’a pas les chaussures adaptées. Elle se fraye un chemin parmi les passants, en bouscule certains mais à aucun moment elle ne s’arrête ni ne perd de vue son objectif. C’est elle qui aurait dû y aller dès le début.

Londres est derrière la Fnac ; Flynn le lui a dit. Il a dit qu’il n’y avait aucune chance, l’air passablement irrité. Jólan ne veut pas y croire.

Elle a quitté son boulot à 17h15, a fermé le centre alors qu’il reste normalement ouvert jusqu’à 20h. Elle va sûrement devoir payer pour ça. Pour l’instant, elle s’en fout. L’avenir de 23 est en jeu. Son avenir.

Pourvu que Londres y soit encore, pourvu que j’arrive à temps… C’est certainement sa dernière chance. Dernière chance de le convaincre, peut-être dernière chance de le voir…

Elle s’efforce d’oublier leur dernière conversation mais ne réussit pas à combler le vide qu’elle a ressenti quand il lui a balancé un ‘T’es toujours là, toi’ en pleine tête. Elle pensait que Londres était un type froid, que c’était dans sa nature. Elle veut encore le croire. Sinon, c’est contre elle qu’il en aurait. Et ça, ça fait mal.

Elle déboule dans la rue St Nicolas, haletante. Et elle le voit. A l’endroit qu’a décrit Flynn. La prestation de Jill Saunders doit être terminée : il y a foule dans la rue. Londres, au milieu de tout ça, une clope dans la main, reste impassible. Jólan attend un instant que son rythme cardiaque se calme puis avance lentement vers lui.

Même si elle sait que la conversation ne prendra jamais le tour qu’elle a prévu, elle se remémore ce qu’elle a à lui dire, pour ne pas se laisser distraire par cette image qu’elle aime parmi toutes : Londres, aveugle au monde qui l’entoure, est vraiment…

Ça y est, il l’a vue. Il se lève brusquement et la dévisage avec méfiance. Jólan perd ses moyens : même avec ses talons, elle se sent si petite en face de lui… Elle prend une inspiration discrète et sourit :

‘Salut.’

Il ne répond pas tout de suite. Qui sait ce qu’il peut penser. Qu’elle vienne après l’échec de Flynn… Va-t-il s’énerver ? En plus, elle doit être affreuse à voir : elle a couru, elle doit être rouge, décoiffée…

‘Salut.’ Répond-t-il.

‘C’était bien, Jill Saunders ?’

Quelle question idiote ! Il n’y a bien qu’à lui qu’elle sort de telles imbécillités… Et le voilà qui fronce les sourcils. Forcément, la stratégie ‘coinçons Londres à la sortie du mini-concert de Jill Saunders’ ne doit pas lui plaire…

‘Oui.’ Répond-t-il. Avant d’ajouter, le regard fuyant : ‘Je dois y aller, maintenant.’

Qu’est-ce qu’elle s’est imaginé ? Qu’il resterait un moment à discuter ? Qu’il accepte de prendre un café avec elle ? En fait, Jólan ne se souvient plus de ce qu’elle s’est imaginé.

‘Salut.’ Fait-il, se retournant.

Elle lui attrape le poignet ; il sursaute en se tournant de nouveau vers elle, l’air interrogatif.

Il est tout près d’elle. Elle pourrait lui attraper le menton et l’embrasser. Pourquoi pense-t-elle à ça maintenant ? Il y a plus important ! Elle en a juste terriblement envie. Elle n’a jamais été aussi proche de lui. Et il ne cherche même pas à se dégager : il se contente de la regarder, sourcils froncés. Elle va le faire. Elle va l’embrasser.

Londres tourne la tête. Jólan le lâche aussitôt et recule de trois pas. Qu’est-ce qui lui a pris ? Elle a failli commettre une erreur impardonnable !

‘Il faut que tu reviennes dans le groupe !’ S’exclame-t-elle soudain. Surtout, focaliser toute son attention sur les choses importantes.

Londres écarquille les yeux de surprise. Jólan est aussi étonnée de voir cette expression sur son visage. D’autant plus qu’il met une bonne minute à se recomposer un masque d’indifférence. Mais sur ses lèvres – ne pas penser à ses lèvres – elle devine le mot non formulé : pourquoi ?

Quelle réponse pourrait le satisfaire ? Quelles sont les raisons qui l’ont poussé à partir ? Jólan non plus ne formule pas ces questions.

‘Quelles que soient tes raisons de quitter 23, il n’y a rien qui puisse changer ça ?’

Londres ne bouge pas. Elle voudrait s’approcher. Il ne faut pas.

‘Est-ce que tu as toujours envie de jouer avec nous ?’

Londres semble avoir perdu l’usage de la parole.

Et maintenant ? Qu’est-ce qu’elle peut faire s’il ne veut pas répondre ? La déception l’envahit. Elle n’était pas certaine de le convaincre. Mais elle pensait au moins lui avancer quelques arguments. Mais il ne dit rien ! Il était même surpris qu’elle veuille le retrouver dans le groupe ! A-t-il déjà tourné la page ? Flynn avait raison…

Elle jette un coup d’œil à sa montre : si elle ne peut rien faire pour Londres, elle ne va pas rester ici alors qu’elle risque sa place au centre.

‘Tu… tu réfléchis ? Il faut que je retourne bosser…’ Finit-elle par dire, essayant de ne pas laisser poindre l’amertume dans sa voix. ‘Alors… à la prochaine !’

Il faut qu’elle file vite fait ; elle sent les larmes lui monter aux yeux. Qu’est-ce qu’elle est ridicule ! Elle lui tourne le dos et s’éloigne lentement. Espérant malgré elle qu’il l’appelle, qu’il réponde enfin.

‘Jólan…’

Elle se retourne vivement. Un murmure. C’était Londres ou le fruit de son imagination ? Toujours est-il qu’il la regarde. Qu’il fait quelques pas vers elle.

‘Qu’est-ce qui est le plus important dans un groupe ?’ Demande-t-il.

Elle détourne le regard ; il ne faut pas qu’il voit ses yeux humides.

Elle sent son rythme cardiaque s’accélérer. Et si sa réponse à la question de Londres était décisive pour l’avenir du groupe ?

‘Je ne sais pas.’ Avoue-t-elle. ‘Je sais juste que… ce que tu as joué dimanche soir, ce qui s’est passé sur scène… ça, c’était important.’ Il faut peut-être qu’elle évoque ce qui s’est passé entre eux. Quand elle l’a accusé à tort et qu’il l’a sèchement rembarrée. ‘Peut-être que… Parfois, il peut y avoir des frictions. Parce que personne n’est parfait… Je suis peut-être un peu autoritaire quelques fois. Et souvent, oui, ton indifférence et ta froideur m’agacent. Comme le laisser-aller de Charlie, son manque de motivation… Mais tous nos défauts construisent 23, non ? Nos qualités et nos défauts. Ce qui fait que 23 secondes avant minuit est différent de Mad Season ou…’

Jólan s’interrompt. Elle n’aurait peut-être pas dû amener Mad Season sur le tapis. Mais Londres ne réagit pas. Il l’écoute en silence. Qu’est-ce qu’elle était en train de dire ? N’importe quoi, en fait. Un truc très éloigné de ce qu’elle avait prévu.

‘Tu n’allais pas bosser ?’

Les paroles de Londres la font sursauter. Quoi ? Elle le dévisage, incrédule. Rien ne change ? Elle s’est quand même indirectement excusé et ça ne lui fait ni chaud ni froid ?

‘Je ne partirais pas tant que tu ne m’auras pas donné de réponse.’ Réplique-t-elle d’un ton déterminé.

‘Ne pars pas alors.’

Propos qui font cogner le cœur de Jólan dans sa poitrine.

‘Je veux dire…’ Se rattrape Londres. ‘Je ne peux pas te donner une réponse définitive… Peut-être que…’

‘Je ne prends pas en compte les ‘peut-être que’… Il y a toujours des ‘peut-être que’. On ne va pas s’arrêter de vivre pour autant !’ S’enflamme-t-elle. ‘Tout ce que je veux savoir, c’est si tu seras là demain soir chez Charlie ou pas. Alors ?’

‘Demain soir ?’

‘21h.’

‘Oui.’ Murmure Londres.

Jólan sourit. Son sourire le plus sincère depuis dimanche soir.

‘Si tu n’es pas là, je mets la ville à feu et à sang pour te retrouver.’

‘Tu n’as pas réussi à me retrouver pendant trois jours.’ Signale Londres.

Jólan reste un temps sans réagir : c’est elle ou Londres vient de répliquer à son mot d’humour ? Elle sourit à nouveau.

‘A demain ?’

Hochement de tête. C’était trop beau.

Mais alors qu’elle repart en courant, en sens inverse, elle sent des ailes lui pousser dans le dos. 23 se hissera au sommet.


 

A partir de maintenant, Kappa (fortement menacée avec un couteau sous la gorge par Saru) a décidé de laisser un commentaire pour tenter d'expliquer ce qui se passe dans sa tête quand elle fait les dessins qui sont censés aller avec les textes. En bref, c'est pour ceux qui se posent des questions sur les rapports parfois vraiment flous entre dessin et texte.

Aujourd'hui, il se trouve que j'ai dessiné Jill Saunders. Si, si... Enfin, j'ai essayé en tout cas ! Mais je trouve qu'elle ressemble à une sorcière... Désolée -_-°.

De toute façon, ma spécialité, c'est les bishonens, tout le monde le sait !

Bon, parlons de la technique (Saru menace les côtes maintenant) : comme j'ai quelques problèmes de scanner, j'ai fait ce dessin directement sur ordinateur. Ce qui fait bizarre, c'est qu'on dirait de l'aquarelle à des endroits... Quelque chose que j'arrive pas à faire en vrai... Vive la technologie !

A la semaine prochaine ! Ja ne !


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Par Kappa & Saru - Publié dans : L'histoire
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Vendredi 14 avril 2006

Quand Flynn entre dans la boutique en début d’après-midi, Charlie se précipite vers lui :

‘Fais demi-tour immédiatement et cours à la Fnac !’ 

Flynn, toujours la main sur la poignée de la porte, regarde Charlie avec perplexité. Cligne deux fois des yeux. Puis quitte la boutique, refermant la porte derrière lui. Laissant un Charlie ébahi.

Dix secondes plus tard, il revient, l’air songeur :

‘Est-ce que j’ai au moins le droit de savoir pourquoi ?’ 

Charlie sourit ; Flynn l’imite.

‘Alors comme ça, tu fais marcher la concurrence ?’ Demande ce dernier, s’emparant d’un disque sur le présentoir des nouveautés.

‘Tu dois y être pour 16h.’ 

Flynn affiche un air interrogatif.

‘Laisse-moi deviner : je devrais porter une ceinture d’explosifs ?’  

‘Le cerveau de l’opération ne l’a pas précisé…’ Sourit Charlie, entrant dans le jeu. ‘Il s’agit plus d’un enlèvement que d’un attentat…’ 

‘Londres ?’ 

Charlie acquiesce :

‘Il y a de fortes probabilités qu’il se trouve à la Fnac à 17h.’ 

‘Un informateur ?’

La porte de la boutique s’ouvre soudain pour laisser entrer un fidèle client. Charlie le salue chaleureusement et Flynn lui adresse un discret signe de tête puis celui-ci se dirige vers le coin rock français.

Encore une fois, les réflexes de Flynn intriguent Charlie : dès qu’entre quelqu’un susceptible de le reconnaître, il rentre la tête dans les épaules et détourne le regard. Et ça ne semble pas cadrer avec l’image qu’il se fait de Flynn Salt : quelqu’un de plutôt fier. Est-ce que ça voudrait dire que personne ne sait réellement où il se trouve ? Pourquoi ?

L’esprit plein de ces questions qu’il n’ose pas poser, Charlie retourne derrière son comptoir.

‘Alors ? Et ce tuyau ?’ Le suit Flynn.

‘Jill Saunders.’ 

‘Jill Saunders ?’ 

‘Jill Saunders, la chanteuse de blues. En mini-concert à la Fnac cet après-midi.’ 

‘Londres est fan de Jill Saunders ?!’ S’exclame Flynn, surpris.

Charlie sourit :

‘Tu sais, si tu veux avoir une chance d’un jour sympathiser avec lui, il va falloir t’intéresser au blues !’ 

‘Ah, c’est le blues qui l’intéresse ?’ Fait Flynn, déçu.

Sa réaction fait rire Charlie. Lui aussi pense que Jill Saunders n’est pas seulement une chanteuse talentueuse, mais également une femme… superbe. Et Londres, qu’en pense-t-il ? A vrai dire, il ne leur a jamais fait part de son intérêt pour elle ; Jólan et lui l’ont su par Thomas. Et celui-ci étant du genre à filtrer les informations…

‘Il te reste trois-quarts d’heure pour filer à la Fnac : tu es le seul à avoir ton après-midi…’ Dit Charlie, jetant un coup d’œil à ce qui l’attend : le tri d’une pile de factures…

‘What ?’ Sursaute Flynn.

‘Tu dois y être pour 16h.’ Répète Charlie. ‘Selon les instructions de Jólan.’ Du genre à ne jamais laisser les choses au hasard, ajoute-t-il en pensée.

Flynn ne répond pas ; Charlie se demande ce qui peut occuper les réflexions de Flynn Salt.

‘Quelles sont les chances que Londres réintègre le groupe s’il sait que je viens de Mad Season ?’ Demande finalement ce dernier.

La question surprend Charlie :

‘Tu as l’intention de lui dire ?’

‘Tu crois qu’il le prendrait mal ?’

‘Je crois que…’

Charlie s’interrompt. Ce qu’il croit ? Londres a quitté 23 dimanche soir alors qu’eux pensaient qu’il avait au moins quelques ambitions concernant le groupe. Son avenir musical ? Peut-être qu’il le voit sans eux ? Que peuvent-ils en savoir ?

‘Si je lui présentais Jill Saunders ?’ 

Charlie regarde Flynn sans bien comprendre. A-t-il dit à l’instant qu’il pouvait présenter Jill Saunders à Londres ?

Flynn acquiesce :

‘Je l’ai rencontrée pendant une tournée aux Etats-Unis…’

C’est vrai… Flynn Salt, de Mad Season. Charlie n’avait en fait pas bien réalisé. Flynn doit en connaître du monde !

‘Je ne crois pas que tu puisses acheter Londres…’ Répond-t-il finalement.

‘Mais c’est pas le cas !’ S’offense Flynn. ‘Je voulais juste…’ 

‘Mais moi, si tu veux m’acheter avec Jill Saunders, je suis pas sûr de pouvoir dire non…’ Sourit Charlie, pour désamorcer la petite crise de Flynn.

Celui-ci se détend aussitôt et sourit :

‘Mais ça lui ferait plaisir, non ?’

‘Va savoir ce qui ferait plaisir à un type pareil !’

Après tout, Jólan l’a essayé : ne jamais le contrarier ou du moins essayer, tant il est facile de l’embarrasser. Thomas a fait exactement le contraire : toujours chercher la petite bête. Lequel des deux s’en est le mieux sorti ?

‘Alors, t’as un peu travaillé les parties de guitare ?’

Flynn hausse les épaules :

‘Je ne le ferai pas. Du moins pas comme Jólan le veut.’

Charlie n’a pas besoin de l’interroger pour comprendre ce qu’il veut dire. Et il est d’accord : 23 ne survivra pas au départ de Londres. Jólan est d’accord : elle refuse juste de perdre le combat.

Tout de même, juste pour avoir confirmation de ses soupçons, Charlie pose la question :

‘Et t’as réfléchi à ma proposition ? Sortir de cet hôtel miteux ?’

La réponse de Flynn sonne comme une évidence :

‘Mon avenir à Lille ne dépend pas de moi…’

Charlie esquisse un sourire, un peu amer quand même : décidément, le groupe aurait dû s’appeler Around London, un truc dans le genre.

Alors que ses pas le mènent vers la Fnac, Flynn réalise que ça fait deux semaines qu’il est à Lille et deux semaines qu’il évite ce genre d’endroits. La Fnac, le Furet du Nord, le Printemps… des enseignes qui jalonnent son chemin dans la ville mais près desquelles il ne s’est jamais attardé. Trop de monde. S’il venait à y être reconnu, si la nouvelle de sa présence se répandait… Bien sûr, en France, la renommée de Mad Season n’a jamais été telle qu’en Angleterre mais Flynn n’a jamais perdu ses réflexes : sortir avec un bonnet dans les lieux trop fréquentés, détourner la tête quand il croise un regard… Il fait ça naturellement ; il ne s’en était pas rendu compte.

Comment ça se passe, de l’autre côté de la Manche ? Une question qu’il ne s’est même pas posé. Evidemment, ça lui a traversé l’esprit les premiers jours ; il s’empressait de le reléguer dans un coin de son cerveau. Puis… 23. Il n’y a vraiment qu’une semaine qu’il les a rencontrés ? Flynn a l’impression qu’en seulement huit jours, ils lui ont tout donné. Tout ce qu’il a perdu au cours des derniers mois. Mais toujours, la petite voix qu’il se force à ignorer, lui répète la même chose : et Julian ?

Julian ? Quoi Julian ? C’est vrai, il ne l’a pas revu avant son départ. Ne lui a pas même dit qu’il partait. Et alors ? Ils ne s’étaient pas vus depuis deux semaines ; leur dernière entrevue s’était passée plutôt froidement. Mad Season était mort et Gary, Laura et même Emily n’en avaient pas été affectés plus que ça. Comme s’ils le savaient. Comme s’ils n’avaient attendu que le jour où Flynn Salt, cet irresponsable, ce flambeur, tuerait le groupe. Eh bien oui, il a tué Mad Season. Et il l’aurait fait plus tôt, s’il avait su qu’ils le laisseraient tous tomber.

La Fnac est en vue ; Flynn ralentit le pas. Il se rapproche de Jill Saunders. Il se rapproche de Julian.

Julian sait-il où il est ? Les tabloïds continuent-ils de le descendre ? Le junkie de Mad Season s’est enfui en France : il voit d’ici les gros titres. C’est vrai, il s’est enfui ; c’est vrai, c’était lâche. Mais après tout, qui a dit qu’il était courageux ? Pourtant, plus que les diffamations dont il a fait l’objet, c’est le regard de Julian qui a été douloureux. Déçu.

Flynn s’arrête. Peut-être que Londres n’y sera même pas. Il a peut-être vraiment quitté la ville. Revoir Jill ne fera que remuer les souvenirs. Autant faire demi-tour. Laisser le passé derrière, une bonne fois pour toutes. Il n’y a de place que pour 23 dans son avenir. Mais l’avenir… c’est Londres.

Sa première rencontre avec Jill lui revient en tête. Ou plutôt, leur première rencontre. Jill, Julian et lui. A Sin-é, le célèbre bar new-yorkais. A l’occasion de la tournée américaine suivant le deuxième album de Mad Season. Flynn se demande quelle serait la réaction de Londres, d’ordinaire si froid, en face de Jill Saunders. Julian, lui, a été subjugué à l’instant même où la voix chaude de la chanteuse s’est élevée dans le bar. Une fascination si absolue que Flynn n’y a d’abord pas cru. Jill Saunders est une bombe : son corps, ses yeux, sa bouche, ses cheveux, sa voix… pour lui, tout en elle inspirait la sexualité ; il n’avait même pas trop fait attention à sa musique. Pourtant, quand elle s’était retirée sous les acclamations, rien sur le visage de Julian ne suggérait tout ça : l’air grave, sourcils froncés, regard déterminé… il allait jouer pour elle.

Flynn se demande pourquoi, chez Charlie, il a proposé de présenter Jill à Londres. C’est venu naturellement, il ne l’a pas réfléchi. Maintenant qu’il y pense, il devrait plutôt tout faire pour que les deux ne se rencontrent jamais.

Il ne s’est jamais rien passé entre Jill et Julian, selon ce dernier. Flynn le croit. Toujours est-il que ce soir-là, à New York, Jill lui a volé Julian.

Ils se sont de nouveau vus le lendemain, puis le jour d’après et Jill les a même accompagnés sur un bout de chemin, à travers les Etats-Unis. Flynn ne s’en est pas préoccupé plus que ça même si, au fond de lui, que Julian joue pour une autre voix que la sienne le rendait un peu jaloux. Et leurs discussions interminables l’ennuyaient prodigieusement : il a vite pris l’habitude de sortir avec Emily, Laura et Gary pendant leurs jours de repos.

Puis Jill a rejoint sa propre route. Et Mad Season est retourné en Europe, a terminé sa tournée-marathon puis s’est octroyé quelques mois de repos mérité. Julian en a profité pour composer un morceau sur le premier album de Jill.

Flynn se souvient quand Julian l’a recontacté, la tête pleine d’idées pour le troisième album. C’est là qu’il s’est vraiment rendu compte. Les compositions de Julian étaient différentes : plus sombres mais aussi plus intenses… plus belles. Il se souvient encore de ce qu’il a ressenti à ce moment-là…

Flynn serre les poings. Enfonce un peu plus son bonnet sur sa tête. Il va entrer dans cette putain de Fnac.


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Par Kappa & Saru - Publié dans : L'histoire
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